
Perdu au fin fond des forêts et des landes bretonnes, on entend cet écho lointain des traditions oubliées. Ici plus qu’ailleurs, les croyances ancestrales sont ancrées dans la mémoire des Hommes.
C’est cet univers magique mêlant le surnaturel au fantastique qui a fait que la Bretagne m’a attiré. Terre de légendes à proprement parlé, nombreux sont les récits colportés de bouches à oreilles depuis la nuit des temps. Ils ont ,pour la plupart, forgé l’identité de cette région.
Ainsi, il n’est pas rare de croiser au détour d’un chemin, d’un carrefour, la silhouette noire d’un calvaire. Elle
nous rappelle que dans ce pays, la mort guette chacun de nous et qu’il ne fait pas bon entendre grincer des roues la nuit - car dit-on, ce serait la charrette de la Mort, dont le cocher, une créature squelettique abominable ne serait autre que l’Ankou.Si vous échappez au sillon de l’Ankou, ne vous croyez pas sauvé pour autant ,car bien des défis sont encore à affronter. Principalement ces lavandières fantômes qui vous attendent pour nettoyer leurs suaires. Si elles vous appellent à l’aide, surtout n’y allez pas - de risque de vous retrouver enroulé dans le drap ,taché de sang et membres broyés.
Pendant mon voyage, je ne me suis pas rendu dans le Morbihan ni dans le Finistère et je le regrette bien, mais certainement que ce sera pour un autre périple.
J’ai principalement exploré l’Ille-et-Vilaine ainsi que sa frontière avec les Côtes d’Armor. Là-bas, les châteaux hantés s’y dénombrent par centaines mais comme vous vous en doutez, par manque de temps je n’ai pu tous les visiter et pourtant cela aurait été un bien réel plaisir que d’arpenter ces lieux chargé d’Histoire(s) dont les pierres peuvent en témoigner.
Parmi mes expéditions, je n’oublierai jamais mon effroyable visite du château du Guildo, c’est la première fois que je me sentis autant oppressé dans un lieu pareil, j’ai maintenant la certitude que des forces invisibles nous observent ,tapies dans les murs …

Un autre événement, tout aussi troublant se déroula lors de ma visite du château de Combourg où l‘écrivain Chateaubriand passa une grande partie de son enfance.
Alors qu’avec le groupe de visiteurs nous pénétrâmes dans la chambre de l’illustre écrivain - située dans la tour du Chat -, une porte ,donnant accès à une courtine, laissée ouverte se referma brusquement alors qu’il n’y avait aucun courant d’air et que personne ne se trouvait à l’étage de la porte …
J’éprouvai un profond malaise en me rendant aux ruines du château de la Hunaudaye. Je savais qu’elles renfermaient de bien sinistres histoires dont la mort faisait à chaque fois la clôture, mais j’ignorais à quel point l’atmosphère qui émane de ces ruines était si tragique.
Puis la côte. Rocheuse à l’infinie, chahutée par les rafales tempétueuses et la houle déferlante.
C’est sur cette côte d’Émeraude parsemée d’abîmes que le fort La Latte défit toujours les vents et marées qui se lancent à son assaut.
Aurais-je eu peur de l’inconnu ?

























